ONCE UPON A FAITH
Decades went by before I felt the need to enter a church again. Not that I have any bad memories of them, in fact my memories were pretty good and could be summed up in interminable laughter between friends during the Sunday mass under the red nose of the priest who had placed us there to keep an equally red eye on us. Once the service was over, we used to sneak off without a word to escape a second, rather less amusing sermon. I also have a memory of the 30 cts my mother used to give me for the collection which stayed in my pocket every Sunday to save up for the 3.50 Francs to buy a toy “Matchbox” car at the local tobacconists’ on the road to the house. It makes me sad but also gives me a wry smile that over the years I regularly measured my faith by admiring the little collection of cars I built up over the years. Enough to fill the entire drawer of a chest of drawers. Today it is with a free spirit and without any constraints that I enter by the door or window of an abandoned church to admire the light and take some pictures.
I sometimes feel guilty but only when I think to myself that I probably was not the only child to keep the collection money to buy a toy given the state the church is in now.

IL ÉTAIT UNE FOI

Des décennies s’étaient passées avant que je n’éprouve à nouveau le besoin d’entrer dans une église. Non pas que j’en aie gardé de mauvais souvenirs. Ils étaient plutôt très bons puisqu’ils pouvaient se résumer à des fous-rires interminables entre copains pendant la messe dominicale sous le nez écarlate du curé, non moins écarlate qui nous avait placé là pour nous avoir à l’œil. Une fois l’office terminé on filait en douce sans demander notre reste pour échapper à un autre sermon, moins marrant celui-là. C’est aussi le souvenir des 30 centimes donnés par ma mère pour la quête qui ne quittaient jamais le fond de ma poche et qui m’ont permis dimanche après dimanche d’économiser les 3,50 francs que coûtait  une petite voiture «Matchbox» au tabac du coin, sur la route de la maison. C’est le cœur serré mais le sourire au coin des lèvres qu’il m’arrivera régulièrement plus tard de mesurer ma foi en admirant la petite collection que j’avais constituée au fil des années. De quoi remplir le tiroir entier d’une commode. Aujourd’hui c’est l’esprit libre et sans aucune contrainte que je franchis à nouveau la porte, ou la fenêtre, d’une église abandonnée pour venir y admirer la lumière et faire quelques photos. Et s’il m’arrive parfois de culpabiliser c’est seulement de me dire que si elle est dans cet état, c’est que je n’étais sans doute pas le seul enfant à garder l’argent de la quête pour acheter une petite voiture. 

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